Femmes
: entre mémoire et vécu
Les femmes
immigrées ou issues de l’immigration post-coloniale acquièrent en tant que
telles une visibilité publique au milieu des années quatre-vingts, à la faveur
du rôle de médiation socioculturelle que leur attribuent des institutions
prenant conscience de l’installation durable de leurs familles en France.
Conjointement, leur participation active au développement d’un mouvement
associatif issu de l’immigration, facilité par la loi du 9 octobre 1981,
contribue à modifier leur rapport à l’espace public, et entraîne autant qu’elle
révèle de nouvelles dynamiques relationnelles dans la sphère privée. Les
associations de femmes issues de l’immigration interrogent leurs observateurs à
plusieurs titres. Comme toutes les associations, elles se situent à l’interface
du privé et du public, du communautaire et du sociétaire. Elles sont une forme
originale d'organisation autour d'un bien commun, d'un projet et de valeurs
partagées, qui convoquent l'adhésion libre et volontaire d'individus mobilisant
dans ce cadre le sentiment d'une appartenance commune, choisie parmi la Elles
mettent en scène, par là même, différentes stratégies d’identification en
situation de migration. Elles bousculent les références identitaires de façon
créative, afin de répondre à des questions sociales qu’elles jugent
insuffisamment prises en compte dans l’espace public. Elles élaborent ainsi un
espace de médiation, mais aussi de revendication, entre communauté d’origine et
société de résidence, et au sein des communautés elles-mêmes. Les
représentations du statut et des rôles des femmes dans les sphères privées et
publiques s’en trouvent particulièrement retravaillées. Catherine Quiminal a
notamment mis en valeur, au cours de ses recherches sur les associations de
femmes originaires d’Afrique sub-saharienne, leur fonction de recomposition des
rapports de genre : « si leur fonction première est de mieux
maîtriser les conditions de leur entrée dans la cité et dans la société
française, elles ont une incidence à long ou moyen terme sur leur position au
sein de leur communauté d’origine. Le mouvement associatif libère et arme les
femmes non seulement vis-à-vis des contraintes de l’environnement social
extérieur, mais aussi de certaines formes de domination et de dépendance
internes à leur communauté ».pluralité des identités collectives auxquels
ils peuvent se référer.
Accorder plus
de crédits aussi à ces femmes des cités qui ont décidé de devenir actrices de
leur avenir. Chacun à son niveau, avec ses moyens et ses disponibilités, Elles
militent ou tout simplement participent à l'amélioration de la qualité de vie
de leur quartier. L'engagement n'est pas aisé. Il nécessite du temps, de la
constance et de la force. Pour ces femmes la participation à la vie du quartier
représente souvent la seule possibilité s'exprimer, il est toujours le signe
fort que l'espoir ne meurt pas. Les raisons pour s'engager et pour se battre
sont nombreuses. Les insatisfactions, les craintes, les carences et les colères
ne manquent pas. L'envie ou la nécessité de les combattre aide à faire le
premier pas. Lorsqu'elles s'engagent, elles le font pour rejoindre un groupe,
souvent un groupe de femmes. Leur action est toujours tournée vers la
collectivité. Leur conscience d'être embarquées dans la même galère est aiguë.
Quand les femmes décident d'agir, elles poursuivent toujours l'objectif
d'impliquer d'autres femmes, d'élargir le groupe. L'engagement est ainsi
renforcé. Leurs associations ont systématiquement vocation d'éducation.
Éducation à la parole, à la santé, à la prévention des risques.
« Les femmes
font de leur mieux pour que tout se passe bien dans la cité. S'il y a des
choses qui se passent moins bien, c'est la vie, ce n'est pas de leur faute. Il
y a des réunions pour tenter d'améliorer le quotidien. Des femmes viennent pour
se raconter. L'une dit : "J'ai peur pour mon fils, j'en ai marre des
jeunes qui font trop de bêtises." Certaines femmes sont là pour leur faire
comprendre que s'ils font ça, c'est qu'ils ont des problèmes, elles essaient de leur dire ce qu'il faut
faire pour changer tout ça. » II est souvent difficile pour ces femmes qui
suivent des formations, qui s'informent, qui se remettent en question, de faire
comprendre leurs motivations, leurs objectifs et leurs «méthodes ». Elles
doivent faire face aux critiques, aux idées reçues, à l'intolérance, alors
qu'elles prônent la citoyenneté, la tolérance et la réflexion. Leur engagement
devient viscéral. Il devient vital quand il est l'ultime solution pour exister
aux yeux de la société. Quel statut donne la société à ceux qui ne travaillent
pas ? Une femme au foyer qui élève ses enfants est rarement reconnue, et n'a
que peu d'occasions de se rendre utile ailleurs que dans sa famille. Elle n'est
pas « productive » économiquement parlant, et le système est fait pour le lui
rappeler. Nacera ne voulait pas de cette inertie qui peu à peu ronge le moral.
Elles suscitent la considération car elles cherchent à redonner dignité et
reconnaissance aux habitants de leur cité pour qu'ils prennent eux même en mains leur vie. Sabria est
engagée par son métier. Elle est éducatrice spécialisée auprès des jeunes pour
la prévention spécialisée. Elle a rejoint une association de femmes partageant
le même objectif. «La solidarité entre les femmes peut être également
culturelle. Se parler, s'épauler, se structurer davantage à partir d'une
implication associative. L'implication des femmes à mener jusqu'au bout leurs
projets est grande. « Parfois des femmes bénévoles deviennent des
professionnelles de l'engagement. Dans les cités, si on ne passe pas par
certaines associations, personne n'intervient sur le terrain. Les femmes sont
indispensables dans le travail social. Elles s'impliquent en tant que femmes,
mais aussi comme citoyennes, résidentes ; elles ont un rôle déterminant à
jouer dans certains quartiers. » Les jeunes comme Sylvie se rendent compte de
l'implication de leurs parents, de leurs mères dans les associations de
quartier. Elles vouent une forme d'admiration à ces femmes qui se démènent.
Engagée dans
l’association des femmes relais des bosquets, elles participent aussi à différentes animations du quartier,
des expositions, des ateliers, des rencontres.
« Pour moi il
est important d'être active. On dit qu'il faut toujours améliorer son
lendemain, sinon nous sommes des êtres morts à l'intérieur. J'essaie d'être
active, je cherche du travail mais je n'en trouve pas. Comment voulez vous du
travail quand je vois ce qu’il faut payer en crèches, en garderie, à la cantine
je fais comment ?ce sont des sujets que l’on aborde ensemble même le
conseiller de l’ANPE est d’accord, je ne veux pas perdre l’éducation de mes
enfants, Si je reste chez moi, je déprime. J'essaie donc d'être un peu partout,
d'agir pour les autres et pour la société. J'agis aussi pour moi, ce qui me
permet de faire des rencontres et des connaissances, d être moins coupée du
monde. »
Quand elle est
passée à l'action, Yasmina a commencé une autre vie. D'ailleurs sa décision
d'intégrer l'association cela coïncidait avec sa rupture conjugale. Quitte à
changer de vie, elle a modifié son positionnement dans la cité. Lorsqu'elle
parle de cet engagement, elle veut rester modeste, hésite même à employer le
mot « travail » pour définir le temps qu'elle donne à l'association. «
J'étais absorbée par ma famille, mon mari. J'étais dans cette culture où la
femme reste à la maison. Je n'étais pas tournée vers l'extérieur. Quand je me
suis retrouvée, il y a deux ans et demi, à assumer seule le rôle de parent,
j'ai parlé à Yasmina de mes problèmes, des procédures judiciaires en cours pour
mon divorce. Elle m'a alors conseillée d'adhérer et de m'investir dans une
association. C'est quelque chose qui était peut-être en moi et qu'elle m'a fait
découvrir. Ensuite je suis venue tous les mardis à la permanence faire mon
travail de bénévole. Chaque jour j'en ai fait un peu plus. »Les femmes
aspirent à un monde meilleur, plus juste, plus attentif à leurs malheurs et
plus solidaire. Elles espèrent que leurs enfants évolueront dans cette société
qu'elles auront contribué à modifier. Déçues par la politique et se défiant des
pouvoirs qui décident à leur place, elles préfèrent agir concrètement auprès de
ceux qu'elles connaissent bien. Elles ne sont pas déconnectées de la réalité.
Elles sont « habitantes » des quartiers qu'elles s'efforcent de guérir.
Sylvie est une
des rares femmes rencontrées à s'occuper de politique. « S'engager
signifie pour elle maîtriser un peu ce qui se passe, « Mon engagement remonte
loin. Il n'existe pas simplement pour surmonter une peur. Il me permet, je
pense, d'arriver à prendre du recul. Ce n'est pas toujours facile, parfois on
se demande si tout cela a bien un sens, s'il ne faudrait pas tout arrêter et
aller s'occuper d'autres choses. Je crois qu'on n'a pas le choix. On ne peut
pas baisser les bras. Cette société, il faut la changer. La notion de
citoyenneté devrait être intrinsèque à l'humanité et à la vie en société. On
subit trop la délégation de pouvoir. Les gens se disent : "Je vais voter
pour le plus compétent, celui qui a le meilleur programme, et je vais aller à
la pêche." Ça ne fonctionne pas comme ça. De toute façon, si on se place
en dehors de la politique en se disant : "La politique, ce sont ceux qui
savent la faire qui vont la faire", on n'y arrivera pas. »
Penser à
l'avenir, rester solidaires, empêcher les injustices, réduire les inégalités,
insuffler la tolérance... Ces femmes évoquent les dysfonctionnements dans les
cités et dénoncent le mépris subi ou les critiques systématiques.
Pour toutes
ces raisons, quand elles parlent de « changer la société », il s'agit
réellement d'une volonté de progression. Comment vivre là sans rien faire ?
Beaucoup sont pourtant dans ce cas. Les cités ne sont pas différentes des
autres villes ; jamais une population entière ne s'engage. D'autre part, les
obstacles dans les cités sont plus nombreux qu'ailleurs. Si les difficultés
donnent parfois la rage de vaincre, elles peuvent aussi abattre, épuiser et fragiliser. Sylvie a fait
de l'engagement une de ses raisons de vivre. Elle se bat pour celles qui n'y
parviennent pas encore.
« On ne peut
pas vivre dans un endroit, dans le grand ensemble, où l'on voit tant de
personnes en détresse, en difficulté et rester indifférent ».
« II est
normal pour moi de m'engager et d'être solidaire, que ce soit à l’association
femmes relais des ou à l'association des locataires. Si un jour, pour une
raison ou une autre, de santé ou de fatigue, je devais arrêter de me battre, je
serais obligée de partir de ce quartier. Je ne pourrais pas rester ici sans me
battre, sans rester solidaire des autres. Pour moi, c'est clair : je reste et
je me bats avec tous : les femmes, les hommes, tous les citoyens qui veulent
avancer ; si je ne peux plus rien faire, je partirai à la campagne ou dans un
autre pays. ».
II y a
tellement de raisons d'agir ici, pour soi, pour les autres, avec les autres.
Plutôt que de rêver à un hypothétique départ, les femmes ne cessent d'inventer
des solutions pour rester, pour provoquer la réaction des habitants. Elles
dérangent, gueulent, parfois vindicatives, parfois sereines. Si des désaccords
pointent, la cause commune rallie les esprits.
Quelle que
soit sa personnalité, chaque femme trouve une place dans l'une de ces
associations à but social ou culturel. On reçoit et on donne du temps, de
l'écoute, du courage, de l'humilité, du respect... tous les fondements de
l'éducation populaire.
Respectées
dans leurs quartiers, elles sont à peine écoutées par les pouvoirs publics et
les décideurs politiques. De peur de ne pas être prises au sérieux, elles
tardent parfois trop avant de monter au créneau pour se faire entendre d'eux ;
pour leur dire leur volonté de voir évoluer la situation ; pour les inciter à
prendre des décisions et des mesures en faveur de leur cité.
Elles
détiennent pourtant un atout considérable : la connaissance du terrain et de
ses habitants. Le réseau des Femmes relais est fondé sur ce principe. Il s'agit
de travailler avec les forces vives. Les dynamiques se mettent en route et se
perpétuent. Des emplois se créent. Des équilibres s'établissent. Souvent, on
attribue les difficultés, les incidents dus à des groupes isolés et
minoritaires, à des milliers d'habitants. On diabolise, on amalgame. On se
focalise sur tous les actes négatifs en donnant à leurs auteurs une importance
imméritée. Mais s'attarde-t-on assez sur les actions quotidiennes de ces femmes
qui s'engagent pour tous ? Toutes ces associations, de la plus anodine à la
plus imposante, représentent un pouvoir considérable, que l'on ne peut
négliger. Elles symbolisent l'âme de la laïcité, les rêves démocratiques les
plus fous. Aujourd’hui, l’association a plus que grandi, elles s’affirment,
s'offre même le luxe d'être consulté.
Les femmes
maghrébines, notamment algériennes et marocaines sont encore maintenues dans un
ghetto juridique au mépris des Conventions internationales.
L’Assemblée a
estimé qu’elle devait se préoccuper du statut des femmes, notamment dans les
familles d’immigrés, statut qui engendre bien des conflits en raison des
différences de cultures et de coutumes.
Elle propose par
conséquent que les gouvernements des Etats membres révisent les conventions
bilatérales pour les rendre conformes aux principes de la Convention européenne
des droits de l’homme et que les pays du Maghreb modifient notamment le Code de
la famille afin d’instaurer une véritable égalité entre les femmes et les
hommes en conformité aux traités et aux conventions internationales en vigueur
et que les consulats rappellent aux ressortissants maghrébins la nécessité,
sous peine d’expulsion, de respecter les lois en vigueur dans les pays
d’accueil.
Les mouvements
de solidarité féminine tels que l’association des femmes algériennes et
l’association féminine APEL militent pour l'égalité devant la loi. L'une des
plus actives en ce moment. Pluri-ELLE Algérie, en faveur des femmes
algériennes, étend ses revendications au-delà des frontières françaises.
Ces mouvements
justifient, d'une certaine façon, l'action que les Nanas Beurs ont entamé en
direction des jeunes filles et révèlent l'importance de leurs enjeux et de
leurs inquiétudes quant aux risques d'une répercussion intégriste dans les
quartiers des banlieues. Ces deux luttes se confondent et ont comme
revendication principale l'acquisition d'une citoyenneté active et reconnue des
femmes ; "nous disons avec elles (les algériennes) : liberté de vêtement
et de circulation, liberté d'expression, égalité des droits".
Les tentatives
de coordination entre les associations féminines (Logement-Liberté) et
féministes (associations de la Maison des femmes) et les mouvements de femmes
algériennes concourent à élargir la lutte, à lui donner en France une ampleur
nationale (projets de création d'antennes Logement -Liberté dans toutes les
MDP) dépassant le champ du local, du quartier, mais aussi une ampleur
européenne (participation de Souad aux débats organisés par le Conseil de
l'Europe traitant de l'intégration des femmes d'origine étrangère dans les pays
de la communauté européenne), et enfin une ampleur internationale
("Collectif international de solidarité avec les femmes algériennes pour
la démocratisation et la paix civile").
Au-delà même
de cette action, l'association les Nanas beurs tente de développer la prise de
parole féminine et d'accroître sa participation à la vie publique. La
constitution d'un journal, intitulé "Les cahiers des Nanas Beurs",
montre les liens que Souad établit entre la lutte féministe et le combat
politique, qui est le sien à travers la Ligue Communiste Révolutionnaire. Il
convient de rappeler que tout au long des années 70, les féministes françaises
appartenant à la tendance "lutte des classes" avec notamment la LCR
ont tenté de structurer et de redéfinir le MLF "comme force organisée,
hiérarchisée, partie prenante de la vie politique et sociale française".
A travers
cette analogie peut-on déceler les prémices effectives d'un nouveau mouvement
féminin et féministe mené par des femmes d'origine maghrébine, qui
influencerait par voie de conséquence la lutte des femmes arabes? Le
mouvement : la vitalité du fait associatif en France est indéniable. Toutes
les études menées par les spécialistes de la vie associative s'accordent pour
dire qu'avec : 700 000 associations déclarées avec un rythme annuel de 60 000
créations aujourd'hui, soit deux fois plus que dans les années 70 ; 10 millions
de bénévoles et près de 1 300 000 salariés, un poids économique représentant un
budget annuel de 35 milliard d’euros, ces structures régies par la souplesse de
la loi 1901 constituent un des rouages essentiels de la vie démocratique
française.
Par ailleurs,
ces études révèlent que, malgré une baisse du nombre de leurs adhérents, les
enquêtés reconnaissent aux associations en général un rôle certain dans la
constitution du "lien social". Dans le même temps leurs auteurs
insistent sur le fait que le monde associatif en France "reste une
nébuleuse difficile à cerner".
La vie
socio-politique de la France depuis les années 80 est marquée, notamment, par
la décentralisation et le renforcement des pouvoirs locaux. Des concepts
nouveaux ou remis au goût du jour envahissent le sens commun. Ils ont pour noms
: développement local, démocratie locale, nouvelle citoyenneté, citoyenneté
locale, concertation et surtout participation locale.
Nombre de
"citoyens", souvent demandeurs de plus de démocratie participative,
vont être séduits par cette nouvelle culture du local. Ceci exprime, au travers
d'une multitude d'associations de droit commun, d'intérêt général ou plus
singulièrement au travers d'associations "communautaires", le besoin
de rapports plus efficace et plus nombreux entre élus et administrés, celui
d'être associé aux décisions.
Ces exigences
trouvent là leur pleine légitimité, d'autant qu'elles viennent pour partie
répondre aux appels incessants de l'Etat et du pouvoir local (surtout
municipal) en direction du pouvoir associatif, on le verra. Ils reconnaissent
en ces "écoles de la citoyenneté" un des partenaires privilégiés
pouvant leur permettre de mieux asseoir leur politique de la "cité
nouvelle". Une reconnaissance célébrée par l'État les 20 et 21 février
1999 à l'occasion des premières Assises Nationales de la vie Associative.
En dépit de
nombreux efforts consentis (multiplication des lieux de concertation dans le
cadre de la politique de la ville, développement social des quartiers, contrats
de ville, Zone franche… recherche d'un partenariat plus poussé avec le tissu
associatif), l'observation fine des réalités montre que les actes sont encore
loin d'être en concordance avec les discours. Bien des lieux de concertation et
de gestion du politique se transforment, bon gré mal gré, en lieux de tri
social ou ethnique, faisant ainsi apparaître la participation locale des
habitants comme étant au stade de l'âge de fer.
Ces remarques
d'ordre général n'échappent pas dans leur ensemble à la réalité que nous
pouvons observer sur les quartiers de nos villes.
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