Les recherches et études menées en sciences
sociales de l'immigration ont généralement privilégié la connaissance d'objets d'études
légitimés par des besoins d'ordre économiques. Si dans les années 60, les
écrits sur l'immigration de travail, reflétaient la réalité de
l'économie française , dès 1975, dans le cadre des regroupements familiaux , ce sont plutôt les
enfants, arrivés à un âge relativement jeune et ceux nés en France, qui très vite polarisèrent
les chercheurs sur leur problématique insertion scolaire , et qui retiennent encore
l'attention par les épiphénomènes de violence et d'exclusion socioprofessionnelle
qui "désignent" leurs lieux de résidence. Aussi, l'immigration féminine ne pouvait-elle
que moins accaparer les préoccupations des chercheurs, étant donné son manque
"d'atouts politiques" qui pouvait en faire un objet d'étude : Elle
n'était ni
un produit de rentabilité immédiate, au sens force de travail, ni un potentiel
de jeunesse démographique à intégrer. En fait, les femmes maghrébines dans la
migration, en tant qu'objet social "occulté", reflètent l'état socioculturel dans
lequel elles ont été maintenues tant dans leur pays d'origine que dans le pays d'accueil.
Ayant rejoint leurs époux tardivement, le plus souvent recluses - surtout au début de leur arrivée - ou ne fréquentant
que les milieux autorisés par les
époux, analphabètes dans leur langue d'origine et méconnaissant la langue française 4 ces questions constituent un
objet "délaissé au dedans et en dehors" du contexte social.
Un répertoire des études et
thèses, publié en 1990 par Aline Tauzin et Marie Virolle Souibès confirme cette pauvreté des recherches
universitaires sur les femmes maghrébines en
immigration et sur les femmes en général, genre déjà minorisé par les sciences sociales en France. La plupart des
travaux qui y ont été recensées ont trait à des recherches d'anthropologie menées au Maghreb °. Néanmoins, dés les
années 70, quelques sociologues comme
Jocelyne Streiff (1977) ', Isabelle Leonetti (1979) ", pour ne citer que celles là, se sont penchés sur la
problématique féminine en immigration. En anthropologie, nous retenons l'ouvrage de Camille Lacoste Dujardin
(1985)" qui décrit les
contradictions vécues parla principale "héroïne", qui tente de
concilier deux cultures, celle de sa
société traditionnelle d'origine et celle de la société d'accueil. Quelques
travaux récents et d'autres plus
anciens complètent cette brève et non exhaustive présentation
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire