lundi 19 août 2013

Femmes Maghrébines

Les recherches et études menées en sciences sociales de l'immigration ont généralement privilégié la connaissance d'objets d'études légitimés par des besoins d'ordre économiques. Si dans les années 60, les écrits sur l'immigration de travail, reflétaient la réalité de l'économie française , dès 1975, dans le cadre des regroupements familiaux , ce sont plutôt les enfants, arrivés à un âge relativement jeune et ceux nés en France, qui très vite polarisèrent les chercheurs sur leur problématique insertion scolaire , et qui retiennent encore l'attention par les épiphénomènes de violence et d'exclusion socioprofessionnelle qui "désignent" leurs lieux de résidence. Aussi, l'immigration féminine ne pouvait-elle que moins accaparer les préoccupations des chercheurs, étant donné son manque "d'atouts politiques" qui pouvait en faire un objet d'étude : Elle n'était ni un produit de rentabilité immédiate, au sens force de travail, ni un potentiel de jeunesse démographique à intégrer. En fait, les femmes maghrébines dans la migration, en tant qu'objet social "occulté", reflètent l'état socioculturel dans lequel elles ont été maintenues tant dans leur pays d'origine que dans le pays d'accueil. Ayant rejoint leurs époux tardivement, le plus souvent recluses - surtout au début de leur arrivée - ou ne fréquentant que les milieux autorisés par les époux, analphabètes dans leur langue d'origine et méconnaissant la langue française 4 ces questions constituent un objet "délaissé au dedans et en dehors" du contexte social.
Un répertoire des études et thèses, publié en 1990 par Aline Tauzin et Marie Virolle Souibès  confirme cette pauvreté des recherches universitaires sur les femmes maghrébines en immigration et sur les femmes en général, genre déjà minorisé par les sciences sociales en France. La plupart des travaux qui y ont été recensées ont trait à des recherches d'anthropologie menées au Maghreb °. Néanmoins, dés les années 70, quelques sociologues comme Jocelyne Streiff (1977) ', Isabelle Leonetti (1979) ", pour ne citer que celles là, se sont penchés sur la problématique féminine en immigration. En anthropologie, nous retenons l'ouvrage de Camille Lacoste Dujardin (1985)" qui décrit les contradictions vécues parla principale "héroïne", qui tente de concilier deux cultures, celle de sa société traditionnelle d'origine et celle de la société d'accueil. Quelques travaux récents et d'autres plus anciens complètent cette brève et non exhaustive présentation 

Aucun commentaire: