vendredi 26 avril 2013

Les députés du MRC n’approuveront pas le programme de stabilité





Communiqué de presse de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen, Député du Val-de-Marne, mardi 23 avril 2013.

Les 3 députés du MRC (Jean-Luc Laurent, Marie-Françoise Bechtel et Christian Hutin) n’approuveront pas le programme de stabilité et le programme national de réforme débattus à l’Assemblée nationale cet après-midi. Ils s’abstiendront lors du scrutin, dans la continuité de leur vote sur le TSCG (vote contre) et sur la loi de programmation pluriannuelle des finances publiques (abstention).

Le gouvernement s’est libéré du fétichisme des 3%. Cependant, ce programme n’est ni opportun, ni réaliste.

Le rythme soutenu auquel le redressement structurel est mené s’avère désastreux, provoquant la récession et la montée du chômage. L’OFCE a évalué la semaine dernière le coût de l’ « assainissement » de nos finances publiques à 1,8 point de PIB en 2013 et 1,4 point en 2014.

Le gouvernement doit prendre en compte l’impact réel de la politique qu’il conduit : la croissance nulle et le chômage ne sont plus des conséquences de la crise mais le produit de la rigueur en France et en Europe.

La France doit faire entendre sa voix pour faire cesser le concours de politiques récessives et développer une stratégie de relance concertée à l’échelle européenne.

François Hollande doit mener la bataille de la réorientation de l’Europe : nouvelle donne budgétaire et politique monétaire offensive.

samedi 13 avril 2013

Contre l’austérité





Contre l'imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l'avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et de tenir des promesses.

Aucune promesse ne vaut pour l'homme s'il n'a conscience qu'il accomplit déjà cette promesse, et la société de l'avenir n'est qu'une abstraction vide de sens si ses valeurs ne sont comprises et vécues dans la société d'aujourd'hui.

Depuis la victoire de mai dernier, nous ne faisons que reculer, abandonner, renoncer. Système d’attestation lors des contrôles d’identités, encadrement strict des dépassements d’honoraire des médecins, droit de vote des étrangers, limitation des écarts de salaires de 1 à 20 dans les entreprises publiques : sur chacune de ces réformes, le Gouvernement a soit renoncé, soit reporté, soit affaibli leur contenu jusqu’à les rendre complètement inutiles.

Je n’accepte pas, alors que nous avons dénoncé avec force la TVA Sarkozy durant la campagne présidentielle, que celle-ci revienne sous une autre forme à l’occasion du rapport Gallois.

Enfin, la grande réforme fiscale – centrale dans le programme du candidat Hollande – ne sera probablement jamais mise en œuvre. La ligne du Gouvernement actuel porte un nom : l’austérité. Mais elle porte aussi un chiffre, comme une prison intellectuelle les fameux « 3 % »

Il y a pour moi deux fautes majeures commise par le PS : n’avoir tiré aucun enseignement de la large victoire du NON contre le Traité Constitutionnel Européen de 2005. (J’étais partisan farouche du NON.) La seconde faute, plus récente, est le ralliement au traité Merkel-Sarkozy, largement pourtant rejeté par nos électeurs, traité imposant la « Règle d’Or », dont nous avions pourtant promis, il y a quelques semaines seulement, le rejet.

En réalité, l’Europe telle qu’elle est en train de se construire amène petit à petit les États à n’avoir plus aucune marge de manœuvre. Les politiques européennes pèsent sur les budgets des États, et puisque les Collectivités, privées de leur autonomie fiscale, vivent essentiellement des dotations de l’État, elles doivent désormais rogner sur leurs politiques. Voilà pourquoi, je ne peux cautionner la poursuite annoncée des baisses de dotations de l’État aux collectivités, après l’avoir dénoncée, sans relâche pendant les cinq années de la présidence Sarkozy.

Alors une autre politique est-elle possible ? Evidemment, oui ‘il n’y a aucun doute dans mon esprit un budget pour 2013. Pour que ce budget soit un budget de combat, un budget qui s’adresse prioritairement aux plus faibles, il nous faut engager un réel dialogue avec l’ensemble des partenaires de gauche présents dans notre hémicycle. Il faut chercher avec obstination le « talisman » de l’union, mais pour y arriver, il faut qu’il y ait discussions, échanges, que chaque partenaire de gauche soit écouté bien sûr, mais surtout entendu…


Des conseils de jeunes qui révèlent des enjeux politiques



La réunion consultative du conseil des jeunes à la mairie de Vitry le  28 février 2013.
a permis l’exercice de la démocratie participative des jeunes Vitriots malgré le volontariat effectif de tous les acteurs, son exercice reste délicat et semé d’embuches..

Très rapidement, ces échanges nous ont  permis de constater que les jeunes étaient animés d’un désir de construire et de valoriser leurs Conseils, leurs projets, mais aussi de parler que des difficultés étaient inhérentes à cet exercice, l’ordre du jour n’a pas été abordé dans sa totalité. Pour renforcer les  compétences et être plus performants dans l’interaction, le conseil consultatif des jeunes a souhaité proposer, confronter son expérience naissante pour la deuxième séquences avec  le maire et les élus présents pour débattre, confronter le futur fonctionnement et les expériences respectives.

Nous souhaitons à travers cette note apporter notre témoignage afin d’enrichir le débat et dire notre attachement et l’importance de la mise en place de ce Conseil consultatif des jeunes Vitriots. Dans une démarche d’interrogation de politique locale de la  jeunesse en y associant les jeunes eux-mêmes, il faut passer d’une logique du faire pour, à faire avec et par. Au cours de cette séance, présidées par Monsieur le Maire, les questions n’ont pas manquées, ainsi que les projets proposés par les jeunes, mais quel déception de ne pas trouver une écoute attentive, déceptions pour beaucoup de ne pas trouver des réponses a leurs questionnements, certains sont partis en colère,  d’autre ont abandonnés, Nous avons été confronté a manque de dialogue certains. Le conseil des jeunes doit être pris dans la complémentarité et comme force de propositions dans le débat et la concertation en termes de projets inhérents au conseil ainsi que ceux concernant les affaires de la ville en général. Le conseil doit travailler également avec les autres instances de la ville (conseils des ainés et des résidents étrangers notamment).

A quand la mise en place de cette instance consultative, et le vote par l'ensemble des membres du Conseil consultatif des Jeunes en présence. Nous avons une jeunesse qui à une véritable capacité à agir et à penser au niveau communale et dans une perspective intercommunale, le travail doit continuer et se poursuivre afin d’engager une véritable réflexion qui conduira certainement à approcher la signification sociale des conseils et les enjeux qu’ils révèlent.

Le C.C.J. de notre commune, ce doit être lieu d'expression pour élaborer et mettre en place des projets sur la ville, de découvrir et de comprendre le fonctionnement de la ville.  Par la Rencontre et le dialogue avec les élus du conseil municipal et les acteurs locaux, de partager des avis, proposer et élaborer des projets pour sa ville, par le travail en groupe, la rencontre d'autres jeunes c’est une chance pour notre ville de Vitry qui se présente mais il faut aller jusqu’a bout de la démarche pour apprendre à devenir citoyen, ou structures originales symbolisant la connaissance et la reconnaissance.

Cette prise en compte de la jeunesse rendra très certainement la démocratie beaucoup plus accessible aux jeunes de Vitry sur-Seine, associés aux groupes de pilotage des projets du territoire, sur la base du volontariat des services. Ces derniers pourront alors mètrent en œuvre pour accueillir d’autre  jeunes au mieux et leur donner un même niveau d’information qu’aux autres membres, une envie des services d’associer les jeunes à leurs travaux. Pour eux, il s’agit d’une étape gagnante à la mise en place des projets. La citoyenneté et l’engagement, des jeunes comme ressource (et pas comme problème) pas de mises en place de politiques sans les jeunes, et soutenir l’initiative des jeunes.

Ainsi la pratique du conseil de jeunes, en tant que stratégie politique locale, subit les déterminations de l'espace politique local mais également, celles qui traversent l'espace politique dans son ensemble. Si l’espace politique local est un sous-espace dominé du champ politique, il peut, à certains égards et dans certaines circonstances, servir le champ politique. Le Maire semble y conserver un crédit important dans la population et rester le personnage le plus épargné des critiques. La commune, dans certains discours, serait " redevenue la "cellule de base" de la démocratie". Pour un politicien, il fait bon revendiquer sa proximité des citoyens en invoquant son mandat local. En fait, les conseils municipaux semblent jouer au sein du champ politique le rôle que jouent les conseils municipaux d’enfants au sein de l’espace politique local : celui de faire croire à cette proximité et cette écoute de la population, et les conseils de jeunes vont de plus en plus de pair avec des stratégies dans lesquelles, paradoxalement, c'est en faisant parler une catégorie de la population que l'on tente de la faire taire (les conseils des sages ou des anciens, les conseils des étrangers, les réunions de quartiers).

Et quand les promoteurs de conseils de jeunes parlent de " démocratie locale " en prétendant inventer une nouvelle forme de démocratie, ils contribuent à faire croire que l’élu local est plus proche du citoyen, alors qu’il reproduit au plan local les mêmes principes qui provoquent cet éloignement de plus en plus caractéristique de la démocratie représentative.

Dans cette perspective, on peut se demander dans quelle mesure, par le système de délégation qui est à la base d'un conseil de jeunes, le fait de prétendre représenter la jeunesse ne contribue pas à donner l'illusion que la jeunesse existe en tant que groupe social et qu'elle peut à ce titre être représentée, que l'on peut la faire parler au travers d'élus.

Ces faits peuvent-ils être mis en rapport et dans quelle mesure ? Les échanges n’ont pas permis de trouver une solution commune.  Vouloir jouer un rôle et pour la cité est une belle et louable initiative, le conseil des jeunes est considérés comme une pratiques avant tout municipale et qui entrent à ce titre dans des enjeux propres à l’espace politique local et présenter le contexte dans lequel ils se situent. Cette reconnaissance de capacité et le fait d’associer concrètement des jeunes à un fonctionnement politique local signifient-ils pour autant que ceux-ci feront réellement partie du champ politique, même provisoirement, le temps de leur mandat ?

Au sein de l’espace politique local et même dans le discours d’une partie des promoteurs de conseils de jeunes, ceux qui, qualifiant les jeunes de futurs citoyens, disqualifient leur capacité politique actuelle, les jeunes ne sont généralement pas considérés comme ayant un capital politique ou faisant partie du jeu politique. C’est d’ailleurs cette faiblesse qui fait leur force aux yeux de ceux qui y ont recours. Les membres du conseil de jeunes deviennent des citoyens actifs et viennent grossir les rangs des votants réguliers, voire de ceux d’entre eux qui sont le plus actifs dans leur engagement communal, ou même municipal.

Par le fait que le conseil de jeunes symbolise une pratique noble de la politique, les promoteurs de conseils peuvent vouloir faire passer d’eux-mêmes auprès de la population cette même image noble, qu’elle corresponde ou non à la réalité de leur pratique politique.

Certaines stratégies politiques locales peuvent viser une extension du champ du politique sans vouloir modifier le champ de la politique : en créant une relation directe avec des jeunes, et indirecte, par délégation, avec l’ensemble de la jeunesse de la commune, le but et l’effet de la mise en place de ces structures ne semble pas être de faire entrer les jeunes dans le champ politique, mais plutôt de faire entrer la préoccupation de la jeunesse dans le champ de la politique, ceux qui acceptent le risque de la critique et s’arment pour cela au point de retarder le lancement de leur conseil.

Les élus concernés par la promotion des conseils de jeunes même s’ils défendent avant tout l’engagement local et l’espace politique correspondant agissent effectivement comme défenseurs de l’ordre politique. Rares sont d’ailleurs ceux qui dénoncent les " affaires ", particulièrement et c’est logique parmi les plus engagés politiquement. Plus qu’une purification de la politique, les effets attendus rarement consciemment par les élus serait plutôt une purification de l’image qui en est donnée.

Les profits politiques des élus à l’intérieur des réseaux de pouvoir internes à la commune et notamment vis à vis de certains groupes de pression ou d’institutions qui pouvaient revendiquer jusque là le monopole de la représentation de la jeunesse ces profits sont nettement moins importants que ce qui était supposé. Peu de conflits sont perceptibles. Même si le choix de l’échantillon ne comportant que des élus ou des fonctionnaires municipaux peut expliquer en partie l’absence de ces enjeux dans les propos recueillis et les représentations qu’ils révèlent, il semble que là n’est pas l’enjeu principal.

Le conseil des jeunes n’apparait pas par hasard dans les discours et dans la pratique des élus locaux. Le développement de cette initiative est l’aboutissement d’un lent mûrissement du rapport que la société a entretenu avec l’enfant, puis le jeune, et plus globalement avec les notions d’enfance et de jeunesse ; il doit également être mis en relation avec les états successifs du rapport de forces existant entre le pouvoir politique et les jeunes, au travers des diverses institutions, associations et groupes de pression agissant sur cette population et qui assurent son encadrement, sa formation, son éducation, sa répression, bref, son contrôle social.

C’est au cours des 17e et 18e siècles que la différenciation progressive entre une sphère publique et une sphère privée, familiale, fait naître de nouvelles représentations de l’enfance l’enfant, d’abord pour la noblesse puis pour une fraction plus large de la société, devient un être à éduquer. L’éducation prendra d’autant plus d’importance que la bourgeoisie n’est pas freinée comme l’aristocratie par l’idée que les capacités de l’homme sont innées.

D’une situation où la socialisation s’opère principalement dans les groupes de pairs, on passe progressivement à l’idée de reconnaissance et de promotion individuelle de l’enfant par l’éducation ; l’enfant commence à être séparé des adultes pour son éducation. L’histoire, depuis la fin du 19e siècle, est une succession de différentes manières de gérer les problèmes de la jeunesse, fluctuant entre la prise en main directe par le pouvoir central et la délégation aux organisations par l’agrément et la subvention. L’enfance, puis l’adolescence et la jeunesse, catégories sociales à présent reconnues, vont progressivement devenir des objets d’intervention sociale.

Si les conseils recrutent souvent leurs jeunes membres par le biais des écoles, ce n’est pas ce lieu d’élection qui va conférer au dispositif un caractère éducatif , les promoteurs de conseils se sentent-ils obligés constamment de se défendre d’avoir mis en place un " gadget " et de dénier avec vigueur l’aspect politique des conseils pour défendre le sens noble de la politique ? Dans un contexte général où la classe politique semble perdre une partie de sa légitimité (perceptible par le désintérêt croissant des " citoyens " pour la politique politicienne, ou par le rejet des partis traditionnels au profit du Front National), au moment aussi où les élus locaux, qui participent également aux enjeux du champ politique, sont de plus en plus chargés de responsabilités du fait du processus de décentralisation, on assiste à un développement intense des conseils de jeunes.

Toutes ces stratégies peuvent également être resituées dans un contexte plus large. Il peut paraître paradoxal que des problèmes de légitimité apparaissent justement au moment où le pouvoir du Maire tend à s'accroître au travers du processus de décentralisation. C'est que l'accroissement des responsabilités ne va pas sans heurts et sans angoisse chez le Maire qui souvent la subit plus qu’ils ne la choisissent. On peut à la limite se demander si la décentralisation n'est pas une manière pour l'Etat de se désengager d'un certain nombre de problèmes pour relocaliser les conflits sociaux dans l'espoir de les étouffer localement en donnant l'illusion aux citoyens qu'ils sont ainsi plus proches des décisions qui les concernent. Les conseils de jeunes sont à rapprocher du processus de municipalisation des pratiques : ils ne sont qu’un aspect d’un mouvement de fond visant à contrôler les pratiques sociales locales et les populations, d'autant plus que le développement des conseils suit aussi le développement des grandes grèves lycéennes. La volonté de contrôler la jeunesse n'est certainement pas absente des logiques pouvant expliquer le développement de structures de participation qui peuvent tenter de faire entrer la contestation dans un cadre qui permet de désamorcer les conflits.

L’utilisation des enfants et des jeunes dans des logiques de profit n’est pas un fait nouveau dans la société. Leur rôle économique a changé de nature. Au XIXe siècle, leur utilité économique était directe : ils étaient rentables par leur capacité de travail. Au XXe siècle, l’enfant devenu inutile économiquement est devenu précieux " affectivement et cette valeur constitue la base d’une rentabilité économique bien supérieure : il est consommateur et influence considérablement le pouvoir d’achat de son entourage. Une allusion à l’économie n’est jamais inutile les logiques sous-jacentes aux marchés des biens matériels sont souvent utiles pour comprendre celles qui prévalent aux biens symboliques.

jeudi 11 avril 2013

Dialectique entre alternance et continuité


Au siècle de la communication, c’est communiquer qu’est le plus difficile, crise du politique, je crois à une crise de la chaleur humaine, du sentiment de compagnonnage. Je crois à un refroidissement du champ social, c’est la fin d’une civilisation et le début d’une révolte. Mais que d’attention il faut pour aller au-delà ; pour rencontrer, écouter, dialoguer, pour briser le mur, la coquille dans laquelle la démocratie n’est pas seulement dans la réunion électorale et dans le vote, qu’elle est dans l’écoute attentive qu’est la fin du mépris, dans la confidence discrète, le rêve a haute voix, la révolte exprimée qui marque la fin de la solitude.

Au-delà de la démocratie formelle, il nous faut inventer le mode d’expression des attentes et des refus. Sans cela les responsables risquent bientôt de devenir, ils deviennent étrangers à ceux là mêmes qu’ils prétendent gouverner ou représenter.

Combien de bouteilles un navigateur solitaire est il capable de jeter à la mer sans trouver bientôt son geste dérisoire ? J’ai peur de sortir de mes propres états d’âmes. Un homme peu il aujourd’hui enrichir sa pensée de la lecture de livres et de périodiques, des notes d’experts, de réflexions personnelles ? N’a-t- il pas besoin de rencontres moins formelles.

Je préfère le tailleur de pierre  qui maitrise son art à l’architecte qui s’essouffle en œuvres qui le dépassent. J’admire la relation que nous avons aux temps ce que chacun y mets car il n'est ni cadre, ni rythme, ni un flux continu dont nous nous servons à force d'opportunités saisies ou crées. Le font communique par incantation ou par osmose … Avoir un sens de l’Etat, une certaine conception de la politique, il nous faut bien faire ce que nous avons à faire.

C’est l’occasion de défendre l’action du gouvernement hollande et de contribuer à une nouvelle définition de ce que nous voulions faire et être. A gauche toute, il faut ensemble gérer cette majorité nouvelle pour démonter que la gauche passe en France pour légitime et la droite pas…

N’oublions pas la rivalité qui oppose en France la droite et la gauche la droite était légitime, la gauche ne l’était pas. Pour la première fois, elle le devenait et il fallait ensemble gérer cet équilibre nouveau. Pour démontrer que la droite passe en France pour légitime et la gauche pas, on peut se livrer à une longue étude historique et démontrer que des avant la révolution, et depuis sans désemparer, le conservateur a su prendre, aux yeux d’un peuple peu enclin à changer, les allures du bon père de famille, alors que le réformiste passait pour le fils prodige, les premiers incarnant l’ordre, le second la subversion ; les premiers Dieu, le Roy et l’Etat, le second ce mythe inexistant qu’on appelle le peuple ou, plus prétentieusement, la nation.

Prenons le plus modeste des dictionnaires, « droite » y est magnifié « gauche » villepindé « L’élu est assis à la droite de dieu, comme dans un diner en ville l’hôte d’honneur est assis à la droite de la maitresse de maison, l’homme habile est dit adroit, la sincérité et l’honnêteté s’appellent droiture.

Ce qui est légitimes devient un droit et la plus belle conquête n’est pas le cheval, ce sont les droits de l’homme. Cette unique syllabe sonne clair aux oreilles de tous, les quelques lettres qui l’expriment marquent de leur sceau le bien penser et le bien faire.

Pauvre gauche ! Elle désigne le maladroit à moins que, retrouvant son équivalent en latin, elle désigne comme sinistre «  celui » qui fait craindre le malheur, une catastrophe. » Comme nous l’indique le petit Robert. Le mauvais payeur est endetté jusqu'à la gauche, le malhonnête homme met de l’argent à gauche et, chez nous, stationner à gauche est passible de contravention. Et quand la mort frappe, chacun »passe l’arme à gauche » Quand une pièce de bois se déforme, elle gauchit.
Cet exercice sémantique a beau n’être qu’un jeu, on ne peut s’empêcher de penser que, peu ou prou, le mot entraine le sens et que, consciemment ou inconsciemment, pour chacun d’entre nous, la droite est bonne, la gauche l’est moins. N’a-t-on pas attendu les dernières révolutions pédagogiques pour autoriser les enfants à écrire de la main gauche et l’attirail de nos commodités quotidiennes n’est il pas fait pour les droitiers, dans le mépris des gauchers ?

La France politique est devenue ambidextre puisque la gauche qu’elle était adroite dans l’art de gouverner. Depuis 1981, chacun sait que la droite et la gauche alterneront au pouvoir et que, partant à la tête de l’Etat des valeurs et des priorités proclamées contradictoires, elles devront par respect pour l’Etat et la nation , et dans le respect de l’un et de l’autre, assumer la continuité dans une utile alternance.

François Mitterrand a ouvert a ouvert une ère ou la gauche fait moins progresser ses idées par la revendication ou par ses actions de commando par une action gouvernementale inscrite dans la durée. Ne critique pas aujourd’hui ce que tu seras amené à faire demain, et celui qui au gouvernement aujourd’hui ne peut ignorer qu’il sera dans l’opposition demain. Ne fais pas aujourd’hui à autrui ce que tu ne veux pas qu’il te fasse demain.

La politique art des couloirs et non de la tribune, tactique des congrès et non stratégies de l’histoire, domaine des habiles et non des imaginatifs, consacrer ses talents ou ils peuvent être utiles et pas forcément objectivement susceptible de plaire. Eviter d’enfermer les reformes du système, cela nécessite l’ouverture, qui aura une chance d’être résolut et de trouver de véritables pistes.

Manuel Valls sait-il que la France a voté le 6 mai 2012 ? Et qu’elle a voté majoritairement pour que le changement, ce soit maintenant ? Notamment pour les moins considérés et les plus démunis : les jeunes qui ne seraient plus victimes de contrôles au faciès, les musulmans qui ne seraient plus assimilés au terrorisme, les Roms qui ne seraient plus stigmatisés, les immigrés dont le vote local serait reconnu. Piétinant ces promesses de François Hollande sans être rappelé à l’ordre, le ministre de l’intérieur frappe le nouveau pouvoir d’une marque indélébile, et si l'on ne veut pas que le mot «socialisme» devienne sous peu définitivement inutilisable dans notre langue, il faut dès maintenant changer de cap. C’est l’occasion de défendre l’action du gouvernement hollande et de contribuer à une nouvelle définition de ce que nous voulions faire et être. A gauche toute, il faut ensemble gérer cette majorité nouvelle pour démonter que la gauche passe en France pour légitime et la droite pas…

"« La France se doit d’être exemplaire en matière de droits et libertés ou doit renoncer à être elle-même », clamait Robert Badinter en 1981. C’est cette considération qui a guidé son combat contre la peine de mort, tout comme son implication en faveur de la ratification par la France de la Convention européenne des droits de l’homme. 

La France est une histoire, elle est un territoire à défendre, un peuple qui a le génie du grand mais est constamment tenté de l’attrait du médiocre. Elle est composée d’individus qui ont perdu le sens du devoir, celui de l’héroïsme et qu’il faut à tout moment  rappeler, rassembler, mobiliser, qu’il faut guérir de leurs division capable d’être le plus grand et pourtant de se perdre. Un peuple qui ne s’accomplit pas de lui-même, que seul l’état, un souverain, un rassembleur peuvent conduire à s’accomplir. Une nation qui fait naitre en son sein de grandes figures, comme pour qu’elles les rendent capable d’accomplir son grand destin.

Un peuple à l’équilibre fragile et qui n’a pas naturellement cette vision du monde dont il aurait pourtant besoin de réaliser ce grand œuvre que ses capacités mêmes le rendent capable de percevoir et d’affronter les risques qu’elle comporte. Un peuple qu’il faut encadrer par des institutions fortes et des pratiques politiques exigeantes, capable du meilleur et du pire et dont les responsables doivent éviter les écarts. Une nation qui est grande que dans son dialogue avec le pouvoir. Garantir l’unité et corriger les inégalités et faire s’épanouir la liberté qui le plus grands des biens.





 Rached Tombari
 Sociologue

Une volonté commune pour retrouver le chemin de la réussite de nos enfants 

française. Mais la réorientation de la politique d'intégration ne l'a pas concernée à ce jour.
La volonté de réussir est naturelle et évidente : qui en doutait ?! Mais de là à accepter les ghettos scolaires, reflets ô combien facilement acceptés des ghettos territoriaux, il y a une nuance ( !) que nous ne pouvons effacer.
Rassemblement aujourd’hui 11 avril 2013 à 18 heure au Collège LAKANAL pour soutenir les enseignants, les élèves et les parents.