La
réunion consultative du conseil des jeunes à la mairie de Vitry le 28 février 2013.
a
permis l’exercice de la démocratie participative des jeunes Vitriots malgré le
volontariat effectif de tous les acteurs, son exercice reste délicat et semé
d’embuches..
Très
rapidement, ces échanges nous ont permis
de constater que les jeunes étaient animés d’un désir de construire et de
valoriser leurs Conseils, leurs projets, mais aussi de parler que des
difficultés étaient inhérentes à cet exercice, l’ordre du jour n’a pas été abordé
dans sa totalité. Pour renforcer les
compétences et être plus performants dans l’interaction, le conseil
consultatif des jeunes a souhaité proposer, confronter son expérience naissante
pour la deuxième séquences avec le maire
et les élus présents pour débattre, confronter le futur fonctionnement et les
expériences respectives.
Nous
souhaitons à travers cette note apporter notre témoignage afin d’enrichir le
débat et dire notre attachement et l’importance de la mise en place de ce
Conseil consultatif des jeunes Vitriots. Dans une démarche d’interrogation de
politique locale de la jeunesse en y
associant les jeunes eux-mêmes, il faut passer d’une logique du faire pour, à
faire avec et par. Au cours de cette séance, présidées par Monsieur le Maire,
les questions n’ont pas manquées, ainsi que les projets proposés par les
jeunes, mais quel déception de ne pas trouver une écoute attentive, déceptions
pour beaucoup de ne pas trouver des réponses a leurs questionnements, certains
sont partis en colère, d’autre ont
abandonnés, Nous avons été confronté a manque de dialogue certains. Le conseil
des jeunes doit être pris dans la complémentarité et comme force de
propositions dans le débat et la concertation en termes de projets inhérents au
conseil ainsi que ceux concernant les affaires de la ville en général. Le
conseil doit travailler également avec les autres instances de la ville
(conseils des ainés et des résidents étrangers notamment).
A
quand la mise en place de cette instance consultative, et le vote par l'ensemble
des membres du Conseil consultatif des Jeunes en présence. Nous avons une
jeunesse qui à une véritable capacité à agir et à penser au niveau communale et
dans une perspective intercommunale, le travail doit continuer et se poursuivre
afin d’engager une véritable réflexion qui conduira certainement à approcher la
signification sociale des conseils et les enjeux qu’ils révèlent.
Le
C.C.J. de notre commune, ce doit être lieu d'expression pour élaborer et mettre
en place des projets sur la ville, de découvrir et de comprendre le
fonctionnement de la ville. Par la
Rencontre et le dialogue avec les élus du conseil municipal et les acteurs
locaux, de partager des avis, proposer et élaborer des projets pour sa ville,
par le travail en groupe, la rencontre d'autres jeunes c’est une chance pour
notre ville de Vitry qui se présente mais il faut aller jusqu’a bout de la
démarche pour apprendre à devenir citoyen, ou structures originales symbolisant
la connaissance et la reconnaissance.
Cette
prise en compte de la jeunesse rendra très certainement la démocratie beaucoup
plus accessible aux jeunes de Vitry sur-Seine, associés aux groupes de pilotage
des projets du territoire, sur la base du volontariat des services. Ces
derniers pourront alors mètrent en œuvre pour accueillir d’autre jeunes au mieux et leur donner un même niveau
d’information qu’aux autres membres, une envie des services d’associer les
jeunes à leurs travaux. Pour eux, il s’agit d’une étape gagnante à la mise en
place des projets. La citoyenneté et l’engagement, des jeunes comme ressource
(et pas comme problème) pas de mises en place de politiques sans les jeunes, et
soutenir l’initiative des jeunes.
Ainsi
la pratique du conseil de jeunes, en tant que stratégie politique locale, subit
les déterminations de l'espace politique local mais également, celles qui
traversent l'espace politique dans son ensemble. Si l’espace politique local
est un sous-espace dominé du champ politique, il peut, à certains égards et
dans certaines circonstances, servir le champ politique. Le Maire semble y
conserver un crédit important dans la population et rester le personnage le
plus épargné des critiques. La commune, dans certains discours, serait "
redevenue la "cellule de base" de la démocratie". Pour un
politicien, il fait bon revendiquer sa proximité des citoyens en invoquant son
mandat local. En fait, les conseils municipaux semblent jouer au sein du champ
politique le rôle que jouent les conseils municipaux d’enfants au sein de
l’espace politique local : celui de faire croire à cette proximité et cette
écoute de la population, et les conseils de jeunes vont de plus en plus de pair
avec des stratégies dans lesquelles, paradoxalement, c'est en faisant parler
une catégorie de la population que l'on tente de la faire taire (les conseils
des sages ou des anciens, les conseils des étrangers, les réunions de
quartiers).
Et
quand les promoteurs de conseils de jeunes parlent de " démocratie locale
" en prétendant inventer une nouvelle forme de démocratie, ils contribuent
à faire croire que l’élu local est plus proche du citoyen, alors qu’il
reproduit au plan local les mêmes principes qui provoquent cet éloignement de
plus en plus caractéristique de la démocratie représentative.
Dans
cette perspective, on peut se demander dans quelle mesure, par le système de
délégation qui est à la base d'un conseil de jeunes, le fait de prétendre
représenter la jeunesse ne contribue pas à donner l'illusion que la jeunesse
existe en tant que groupe social et qu'elle peut à ce titre être représentée,
que l'on peut la faire parler au travers d'élus.
Ces
faits peuvent-ils être mis en rapport et dans quelle mesure ? Les échanges
n’ont pas permis de trouver une solution commune. Vouloir jouer un rôle et pour la cité est une
belle et louable initiative, le conseil des jeunes est considérés comme une
pratiques avant tout municipale et qui entrent à ce titre dans des enjeux
propres à l’espace politique local et présenter le contexte dans lequel ils se situent.
Cette reconnaissance de capacité et le fait d’associer concrètement des jeunes
à un fonctionnement politique local signifient-ils pour autant que ceux-ci
feront réellement partie du champ politique, même provisoirement, le temps de
leur mandat ?
Au
sein de l’espace politique local et même dans le discours d’une partie des
promoteurs de conseils de jeunes, ceux qui, qualifiant les jeunes de futurs
citoyens, disqualifient leur capacité politique actuelle, les jeunes ne sont
généralement pas considérés comme ayant un capital politique ou faisant partie
du jeu politique. C’est d’ailleurs cette faiblesse qui fait leur force aux yeux
de ceux qui y ont recours. Les membres du conseil de jeunes deviennent des
citoyens actifs et viennent grossir les rangs des votants réguliers, voire de
ceux d’entre eux qui sont le plus actifs dans leur engagement communal, ou même
municipal.
Par
le fait que le conseil de jeunes symbolise une pratique noble de la politique,
les promoteurs de conseils peuvent vouloir faire passer d’eux-mêmes auprès de
la population cette même image noble, qu’elle corresponde ou non à la réalité
de leur pratique politique.
Certaines
stratégies politiques locales peuvent viser une extension du champ du politique
sans vouloir modifier le champ de la politique : en créant une relation directe
avec des jeunes, et indirecte, par délégation, avec l’ensemble de la jeunesse
de la commune, le but et l’effet de la mise en place de ces structures ne
semble pas être de faire entrer les jeunes dans le champ politique, mais plutôt
de faire entrer la préoccupation de la jeunesse dans le champ de la politique,
ceux qui acceptent le risque de la critique et s’arment pour cela au point de
retarder le lancement de leur conseil.
Les
élus concernés par la promotion des conseils de jeunes même s’ils défendent
avant tout l’engagement local et l’espace politique correspondant agissent
effectivement comme défenseurs de l’ordre politique. Rares sont d’ailleurs ceux
qui dénoncent les " affaires ", particulièrement et c’est logique
parmi les plus engagés politiquement. Plus qu’une purification de la politique,
les effets attendus rarement consciemment par les élus serait plutôt une
purification de l’image qui en est donnée.
Les
profits politiques des élus à l’intérieur des réseaux de pouvoir internes à la
commune et notamment vis à vis de certains groupes de pression ou
d’institutions qui pouvaient revendiquer jusque là le monopole de la
représentation de la jeunesse ces profits sont nettement moins importants que
ce qui était supposé. Peu de conflits sont perceptibles. Même si le choix de
l’échantillon ne comportant que des élus ou des fonctionnaires municipaux peut
expliquer en partie l’absence de ces enjeux dans les propos recueillis et les
représentations qu’ils révèlent, il semble que là n’est pas l’enjeu principal.
Le
conseil des jeunes n’apparait pas par hasard dans les discours et dans la
pratique des élus locaux. Le développement de cette initiative est
l’aboutissement d’un lent mûrissement du rapport que la société a entretenu
avec l’enfant, puis le jeune, et plus globalement avec les notions d’enfance et
de jeunesse ; il doit également être mis en relation avec les états successifs
du rapport de forces existant entre le pouvoir politique et les jeunes, au
travers des diverses institutions, associations et groupes de pression agissant
sur cette population et qui assurent son encadrement, sa formation, son
éducation, sa répression, bref, son contrôle social.
C’est
au cours des 17e et 18e siècles que la différenciation progressive entre une
sphère publique et une sphère privée, familiale, fait naître de nouvelles
représentations de l’enfance l’enfant, d’abord pour la noblesse puis pour une
fraction plus large de la société, devient un être à éduquer. L’éducation prendra
d’autant plus d’importance que la bourgeoisie n’est pas freinée comme
l’aristocratie par l’idée que les capacités de l’homme sont innées.
D’une
situation où la socialisation s’opère principalement dans les groupes de pairs,
on passe progressivement à l’idée de reconnaissance et de promotion
individuelle de l’enfant par l’éducation ; l’enfant commence à être séparé des
adultes pour son éducation. L’histoire, depuis la fin du 19e siècle, est une
succession de différentes manières de gérer les problèmes de la jeunesse,
fluctuant entre la prise en main directe par le pouvoir central et la
délégation aux organisations par l’agrément et la subvention. L’enfance, puis
l’adolescence et la jeunesse, catégories sociales à présent reconnues, vont
progressivement devenir des objets d’intervention sociale.
Si
les conseils recrutent souvent leurs jeunes membres par le biais des écoles, ce
n’est pas ce lieu d’élection qui va conférer au dispositif un caractère
éducatif , les promoteurs de conseils se sentent-ils obligés constamment de se
défendre d’avoir mis en place un " gadget " et de dénier avec vigueur
l’aspect politique des conseils pour défendre le sens noble de la politique ?
Dans un contexte général où la classe politique semble perdre une partie de sa
légitimité (perceptible par le désintérêt croissant des " citoyens "
pour la politique politicienne, ou par le rejet des partis traditionnels au
profit du Front National), au moment aussi où les élus locaux, qui participent
également aux enjeux du champ politique, sont de plus en plus chargés de
responsabilités du fait du processus de décentralisation, on assiste à un
développement intense des conseils de jeunes.
Toutes
ces stratégies peuvent également être resituées dans un contexte plus large. Il
peut paraître paradoxal que des problèmes de légitimité apparaissent justement
au moment où le pouvoir du Maire tend à s'accroître au travers du processus de
décentralisation. C'est que l'accroissement des responsabilités ne va pas sans
heurts et sans angoisse chez le Maire qui souvent la subit plus qu’ils ne la
choisissent. On peut à la limite se demander si la décentralisation n'est pas
une manière pour l'Etat de se désengager d'un certain nombre de problèmes pour
relocaliser les conflits sociaux dans l'espoir de les étouffer localement en
donnant l'illusion aux citoyens qu'ils sont ainsi plus proches des décisions
qui les concernent. Les conseils de jeunes sont à rapprocher du processus de
municipalisation des pratiques : ils ne sont qu’un aspect d’un mouvement de
fond visant à contrôler les pratiques sociales locales et les populations,
d'autant plus que le développement des conseils suit aussi le développement des
grandes grèves lycéennes. La volonté de contrôler la jeunesse n'est
certainement pas absente des logiques pouvant expliquer le développement de
structures de participation qui peuvent tenter de faire entrer la contestation
dans un cadre qui permet de désamorcer les conflits.
L’utilisation
des enfants et des jeunes dans des logiques de profit n’est pas un fait nouveau
dans la société. Leur rôle économique a changé de nature. Au XIXe siècle, leur
utilité économique était directe : ils étaient rentables par leur capacité de
travail. Au XXe siècle, l’enfant devenu inutile économiquement est devenu
précieux " affectivement et cette valeur constitue la base d’une
rentabilité économique bien supérieure : il est consommateur et influence
considérablement le pouvoir d’achat de son entourage. Une allusion à l’économie
n’est jamais inutile les logiques sous-jacentes aux marchés des biens matériels
sont souvent utiles pour comprendre celles qui prévalent aux biens symboliques.