mercredi 10 juillet 2013

Naissance et mort des dispositifs d’insertion


- RSA socle, RSA majoré, RSA socle + activité, RSA majoré + activité : personnes soumis aux droits (gratuité des transports, CMUC entre autre) et devoirs (inscription dans une démarche d'insertion et obligation de signer un Contrat d'Engagement Réciproque (ex contrat d'insertion).

- RSA Activité : non soumis aux droits et obligations

le Dispositif RSA, après avoir été expérimenté sur à peine plus de 18 mois, a été mis en place au 1er juin 2009 pour remplacer le dispositif RMI et ainsi susciter chez les personnes en bénéficiant un intérêt à reprendre plus facilement une activité.

pourquoi ? A l'inverse du RMI pour lequel l'intéressement ne durait au maximum 12 mois dans le cas d'une reprise d'emploi, le RSA peut perdurer sous la forme d'un RSA "activité" tant que le dispositif durera et surtout tant que la personne ne percevra pas un salaire supérieur à ce qui a été défini comme le Revenu Minimum Garanti (cf exemple de calcul sur le doc joint). cela permet aux personnes qui travaille notamment à temps partiel (pour une personne seule) d'avoir un complément de revenu.

pour ce qui est des personnes bénéficiant du RSA "Socle" ou "Majoré" (ex RMI ou API - allocation Parent Isolé), le coeur du travail d'accompagnement des chargés d'insertion, il y a d'autres intérêts :

Au niveau national, il permet d'utiliser le dipositif Aide Personnalisée au Retour à l'Emploi (APRE) pour différentes actions : Formation, aide à la création, aide au permis B (une partie gérée par le Pôle Emploi, une autre par les Conseils Généraux), aide à la garde d'enfant (en complément de l'aide de la caf        ), aide à l'acquisition de matériel professionnel et même aide à l'installation pour les gens qui seraient dans l'obligation de trouver un autre logement pour se rapprocher de son lieu de travail.
Ce dossier est géré par le chargé d'insertion RSA en dehors de la première partie de l'aide au permis B.

Au niveau local, A ce dispositif national, viennent se greffer les différents dispo dits de droit commun (Conseil Régional, Presta du Pôle Emploi) et celui spécifique au Département en question (Programme Départemental d'Insertion - PDI - généralement).

Tu connais le PDI sur le 93, il se peut qu'il soit différent dans les autres départements d'Ile de France (plus ou moins fourni). pour celui que l'on connait, il regroupe des actions de redynamisation, de Remise à Niveau, d'apprentissage de la langue, de préqualification ou de qualification sur les secteurs considérés comme porteurs ou en tension mais également des accompagnements sociaux individualisés (ASI), ...

Cela nous amène à la caractéristique première du chargé d'insetion RSA qui est d'établir un diagnostic à partir de la situation socio-professionnelle de la personne rencontrée afin de l'orienter sur les actions ou les partenaires les plus à même de répondre aux problématiques en tentant de les prioriser et parfois de les mener en parallèle (ex : ASI avec action linguistique, dossier de surrendettement et recherche d'emploi, ...) .

cela nous amène donc à travailler avec les Assistantes sociales, la CAF, les organismes de formation, les institutions (la CAF en priorité sur les questions de paiements), les services municipaux, etc...

Nous n'avons pas vocation à nous attacher directement à l'accompagnement dans la recherche d'emploi puisqu'il existe l'acteur historique (Le Pôle Emploi) et ses prestataires spécifiques, ou le PLIE, ou un autre acteur connu sur le territoire.

Territoire, en effet, notre action se concentre sur les personnes résidant sur un territoire communal.

pour revenir à la formation, un des éléments forts de notre panoplie, dans le cadre des financements individuels (lorsque l'on ne trouve pas dans les catalogues de droit commun ou que les délais sont très longs), nous avons (sur le 93) à disposition le FDIF (Financement Départemental pour l'Insertion par la Formation -3050€) avec un délai de traitement d'un mois et demi maxi, l'APRE (3000€) délai : 1 mois 1/2, le chéquier qualifiant Régional (4100€) délai : 2 mois, L'aide individuelle de formation (AIF - 3200€) délai : au bon vouloir du pôle emploi. En cas de co-financements, les deux premiers, gérés par le chargé d'insertion RSA seul, n'interviendront qu'après le montage des deux derniers, gérés par le référent pôle emploi seul.

Dans certaines villes, où le PLIE existe, il y a possibilité d'avoir une autre source de financement (mais çà tu le sais déjà).

En résumé : Chargé d'insertion = Diagnostic basé sur la situ socio-prof., orientation sur la ou les actions adéquates, lien entre le bénéficiaire et les institutions ou partenaires.

N.B. : dans le cadre de la Référence, le CI RSA est soit référent (donc garant du parcours global), soit intervenant sur une question précise signifiée par le référent (AS de circonscription, soit conseiller pôle emploi)

La foi dans le foot


« Le football est le reflet de notre société. Regardez bien l'expression d'un joueur sur le terrain, c'est sa photographie dans la vie. » (Aimé Jacquet)

Comme pour la plupart des activités humaines, la foi a toujours été mêlée au sport. Déjà, chez les Grecs de l'Antiquité, les différents jeux sportifs étaient intimement liés au culte religieux de l'époque. Ainsi, les Jeux olympiques étaient dédiés à Zeus, les Jeux pythiques honoraient Apollon et les Jeux isthmiques célébraient Poséidon. En ces temps, on pensait dur comme fer que c'étaient les Dieux qui octroyaient la victoire à l'athlète. Messagère des Dieux, la victoire était représentée sous la forme d'un personnage féminin ailé qui s'envolait dans les airs pour venir offrir la couronne divine au vainqueur. C'est d'ailleurs le nom de cette messagère que porte Nike, le célèbre équipementier sportif.

 On ne peut pas dire que cela ait vraiment changé si l'on en croit les différentes manifestations spirituelles qui ont envahi les arènes sportives et les pages croustillantes des journaux spécialisés. Mais de tous les sports, c'est certainement le football, avec son statut de sport-roi qui détient la palme. Cela est probablement dû à la surmédiatisation de ce sport, mais peut-être aussi à la similitude entre les décorums footballistique et religieux : les temples, les fidèles, les offices, les saints, les chants, les communions et, bien sûr, les batailles contre les infidèles.

Le foot et la croix

Les manifestations de la foi chrétienne dans le foot sont légion. Du légendaire et omniprésent signe de croix à l'entrée du terrain, aux cantiques ou «carols» chantés dans les gradins de Highbury ou Anfield Road, la liturgie est complète. Certaines équipes ont même été constituées dans une même ville sur une séparation catholique-protestant comme c'est le cas pour les deux formations de Glasgow : les Celtics et les Rangers.

D'autres pratiques, moins médiatisées, montrent que cette ferveur religieuse est bien présente dans la conscience collective. Duncan Edwards, un footballeur de talent jouant à Manchester United et dans l'équipe des trois lions dans les années 50, a été victime d'un accident d'avion et mourut dans la fleur de l'âge, en 1958. Trois ans plus tard, il eut droit à un vitrail le dépeignant dans l'église de sa ville natale, sanctification suprême pour un joueur de foot [1].

 Dans l'histoire récente, le comportement collectif des joueurs du Brésil à fait couler beaucoup d'encre. À la suite de leur victoire lors de la coupe des confédérations en 2009, les Brésiliens ont affiché publiquement leur foi par une prière collective en rond et des T-shirt mentionnant «I belong to Jesus» (J'appartiens à Jésus). La FIFA, qui n'a pas apprécié ce débordement de religiosité aurait envoyé un sérieux avertissement à l'équipe du Brésil leur demandant de «modérer» leur ferveur [2]. Cette décision provoqua le courroux du président de la Fondation Jean-Paul II pour le sport qui déclara qu' «épurer le sport des valeurs éthiques que la foi chrétienne et l'Église catholique répandent depuis des siècles est une erreur » [3]. Pourtant, on peut lire sur le site de la FIFA que «les joueurs ne sont pas autorisés à exhiber des slogans ou de la publicité figurant sur leurs sous-vêtements. L'équipement de base obligatoire ne doit présenter aucune inscription politique, religieuse ou personnelle. Un joueur ôtant son maillot pour dévoiler tout type de slogan ou publicité sera sanctionné par l'organisateur de la compétition» [4].

 Kaká, la star du football brésilien et mondial qui arbore régulièrement son I belong to Jesus», est notoirement connu comme un membre actif de «Renascer em Cristo» (Renaître en Christ), une des plus importantes Églises évangéliques du Brésil. Questionnée sur le montant record du contrat de son mari avec le Real de Madrid en pleine période de crise, son épouse expliqua simplement que Dieu avait mis cet argent entre les mains du Real pour que ce club puisse s'offrir Kaká qui, à son tour, pourra ouvrir une église à Madrid «où il existe tant de vies qui doivent écouter notre parole» [5]. Cette foi affichée et assumée n'a pas empêché ce footballeur d'avoir un comportement aux antipodes de celui d'un enfant de chœur. Se faisant vengeance lui-même, il se mérita un carton rouge lors du récent match Brésil - Côte-d'Ivoire. Pourtant, le précepte évangélique ne dit-il pas « si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi la gauche »?

 Pis encore, lors du même match, le Brésilien Luis Fabiano a non seulement marqué un but avec sa main, mais l'a publiquement revendiqué comme tel en précisant «C'est vrai, le ballon a frappé ma main, puis a touché mon épaule [...]. C'est donc une main sainte, de Dieu. Je crois que c'est un des plus beaux buts que j'ai marqués» (sic) [6]!

 Au-delà des messages imprimés sur des vêtements cachés par la tenue de l'équipe et qui son montrés à l'occasion, certaines stars tatouent des messages à même la peau. C'est le cas de David Beckham qui, parmi la multitude de dessins qui jonchent sont corps, s'est fait tatouer une croix ailée bien visible sur la nuque [7]. N'est-il pas un signe ostentatoire? Et que dirait la FIFA si quelqu'un, par excès de ferveur religieuse, se faisait tatouer un message religieux sur le cou ou le front? Les textes actuels prévoient-ils une telle situation? Pas si sûr.

 En Argentine, la foi et le foot sont si intimement liés qu'il est souvent difficile de faire la part des choses. Ainsi, la Bombonera, stade mythique du club Boca Juniors, n'est pas uniquement le lieu de joutes footballistiques épiques, mais aussi celui du repos éternel. En effet, de nombreux supporters du club demandent à ce que leurs cendres soient dispersées sur le terrain et tout autour de ce temple [8].

 Dans les faits, cette foi feinte fait régulièrement place à des comportements complètement dénués de moralité. À ce titre, on a assisté avec stupeur à une scène ubuesque durant le match Argentine-Mexique : l'Argentin Carlos Tévez marque un but en position flagrante de hors jeu et vient par la suite le revendiquer avec son équipe lorsque l'arbitre hésite à l'accorder. Sans scrupules, il déclara après le match: «Je sais que j'étais hors-jeu, que c'était égoïste, mais aussi longtemps qu'on me dira qu'il y a but, ce sera bon pour moi et pour l'équipe» [9]. Mais où sont donc passés les principes moraux véhiculés par la religion ?

 Mais ce qui est le plus surprenant dans le foot, à mon avis, c'est cette propension à donner une essence divine à des gestes pour le moins délictueux. Citons, par exemple, un des fameux buts de Diego Maradona. Lors d'un match de coupe du monde contre l'Angleterre, il marque avec la main et cet acte répréhensible est baptisé «la main de Dieu». Comme si Dieu approuvait la tricherie, voire l'encourageait!

 Le Mondial 2010 a cependant montré que ni Kaká comme joueur, ni Beckham comme animateur de banc, ni Maradona comme entraîneur n'ont pu sauver leurs équipes respectives de leur honteuse déroute et de leur sortie prématurée de ce prestigieux tournoi.

Le foot et le croissant

Ce sont très probablement les footballeurs égyptiens qui ont popularisé les pratiques religieuses musulmanes publiques dans les stades. Surnommés l'équipe des «sajidines» (les prosternés), ils usent de la prosternation à chaque but marqué ou à chaque victoire. Cette façon de remercier Dieu en s'agenouillant et en posant son front sur la pelouse peut être aussi bien individuelle que collective. Ainsi, on a bien vu Abou-Trika se prosterner seul devant les buts après avoir marqué un pénalty ou accompagné par tous les Pharaons, en cercle, lors de leur victoire à la dernière coupe d'Afrique des nations.

 Mais, il faut dire que cette pratique pose problème et est même considérée comme une «bidaâ» (innovation hérétique) par certains. En effet, lorsqu'un croyant se prosterne devant Dieu, ne doit-il pas le faire en direction de la Mecque? Et les prosternations en cercle, de quel rite proviennent-elles? Et qu'en est-il des ablutions?

 L'acte même de la prosternation publique dans un stade ne fait pas l'unanimité des ulémas (savants théologiens). Certains, comme le Dr Salah Ben Mekbal Al-Osseïmi, de l'association du «Fiqh» en Arabie Saoudite, estiment qu'un tel geste pourrait être perçu par le public non musulman comme une provocation. Par contre, cet avis a été fortement contesté par le Dr Gouda Abdelghani Bassiouni, de l'Université d'Al Azhar au Caire. Ce dernier pense plutôt qu'il est légitime pour les joueurs de se prosterner pour remercier Dieu du bienfait qu'il leur a accordé en lui permettant de marquer un but [10].

 Un élément nouveau et très significatif est apparu lors du match Égypte-Algérie lors de la demi-finale de la CAN 2010. Dès que l'arbitre siffla la fin du match gagné par les Pharaons, un membre de la délégation égyptienne accourut à la première caméra venue en brandissant un Coran, comme s'il voulait signifier que la victoire revenait à la bénédiction du Saint Livre qu'il avait serré contre lui durant tout le match. Le seul hic, est que l'équipe adverse, c'est-à-dire l'Algérie, est aussi une formation exclusivement musulmane. Va-t-on assister, dans l'avenir, à une guerre de Livres Sacrés, les uns imprimés au Caire et les autres dans les différents pays musulmans?

 La piété (ou sa corollaire l'impiété) des joueurs égyptiens a fait la une des journaux à quelques reprises. Tout d'abord, le sélectionneur Hassan Shehata a déclaré à un journal cairote que « Nous ne sélectionnerons jamais un joueur manquant de piété quel que soit son potentiel. Je m'efforce toujours de m'assurer que ceux qui portent le maillot égyptien sont en bons termes avec Dieu ». D'ailleurs, le joueur Mido aurait été écarté de l'équipe, non pas pour son jeu, mais pour son manque de piété. Shehata a aussi cité le cas de Mohammed Zidan qui, grâce à lui (paraît-il), a fini par prier avec toute l'équipe [11]. C'est ce même Zidan qui s'est attiré les foudres de certains internautes «religieux» lorsqu'il a annoncé qu'il allait vivre avec son amie danoise Stina Rohde (sans être religieusement mariés) après un intermède éphémère avec May Ezzedine, une célèbre actrice égyptienne.

 La piété affichée de cette équipe a été malmenée par une affaire qui a secoué toute l'Égypte durant la coupe des confédérations 2009 qui s'est tenue en Afrique du Sud. Le journal britannique The Independent on Sunday a accusé certains joueurs d'avoir convié des péripatéticiennes dans leur hôtel après leur succès contre l'Italie [12]. Ce fait divers a fait scandale au pays des Pharaons, probablement pas pour les faits eux-mêmes, mais beaucoup plus par leur antinomie avec l'image de piété surmédiatisée de cette équipe.

 Une autre anecdote est aussi à verser dans ce débat footballistico-religieux. Il est de coutume, à la télévision algérienne, d'interrompre toute émission, quelle que soit sa nature, pour retransmettre l'appel à la prière. Cette règle eut cependant une exception : lors du match de barrage au Soudan entre l'Égypte et l'Algérie. Comme quoi, le foot a ses raisons que la religion n'a pas toujours.

Le foot, la croix et le croissant

Malgré tout ce qui vient d'être énoncé, l'équation religieuse dans le foot pose moins de problème lorsque les équipes sont mono-religieuses. Dans le cas contraire, la problématique prend des proportions surdimensionnées. Ainsi, la débâcle de l'équipe de France au Mondial a fait apparaître des vieux démons qui n'attendaient que la moindre occasion pour surgir. Au lieu de chercher les causes sportives de l'échec flagrant des Bleus et de leur piteuse qualification grâce à la main de Thierry Henry, certains commentateurs et politiciens ont invoqué une cause surprenante : l'islamisation de l'équipe de France. À cet effet, Benjamin Lancar, Président des Jeunes Populaires (mouvement de jeunesse de l'UMP), a cité Emmanuel Petit, ex-joueur de l'équipe de France, qui aurait déjà parlé de cette «islamisation de l'équipe de France» [13]. Mais cela n'est que l'aboutissement d'un long dénigrement des joueurs français qui montrent publiquement leur foi musulmane dans un pays à majorité chrétienne. Et cela est beaucoup plus virulent dans le cas des «convertis» comme Franck Ribéry ou Nicholas Anelka. Ainsi pouvait-on lire sur certains sites, bien avant le Mondial, des titres révélateurs comme «Les prières de Ribéry ont-elles leur place dans un stade ?» [14], «Qui expliquera à Franck Ribéry qu'un terrain de football n'est pas une mosquée?» [15] ou «Le footballeur milliardaire Anelka, converti à l'islam, ne veut pas payer ses impôts en France!» [16].

 Après ses déclarations sur le critère de piété dans la sélection des joueurs égyptiens, un journal italien a apostrophé Hassan Shehata en lui demandant la raison de l'absence de joueurs chrétiens dans la sélection des Pharaons. L'ambassade égyptienne à Rome a été contrainte de nier l'existence d'une telle discrimination et de clarifier les paroles de l'entraîneur national [17].

 Le foot actuel est un foot-spectacle qui charrie avec lui tous les vices et les maux de la société : simulations, tricheries, matchs truqués, gros sous, racisme, malhonnêteté, etc. Le comportement des joueurs, des dirigeants, des supporters, hooligans et ultras, n'est généralement pas à la hauteur des valeurs prônées par toutes les religions. A-t-on déjà vu un joueur admettre sa faute ou avouer à l'arbitre une tricherie quelconque? A-t-on déjà aperçu un joueur remercier Dieu après avoir perdu un match ou rater un but? Doit-on remercier Dieu que lorsqu'Il nous offre un bienfait et l'oublier dans le cas contraire? Serait-ce donc des prières intéressées, un investissement spirituel à court terme pour un gain assuré ? Il est difficile de dire si on doit garder la foi dans le foot ou que le foot doit garder la foi en lui, mais il est clair que les tartuffes et leurs simulacres de mauvais aloi ne sont pas rares dans le monde du sport-roi.


par Ahmed Bensaada
(in Le Quotidien d’Oran du jeudi 15 juillet 2010)

Besoin d’utopie



Stupéfiant paradoxe ! Le néolibéralisme étale tous les jours sa faillite : la suraccumulation des richesses s’accompagne d’un nombre croissant de pauvres et de chômeurs ; la spéculation provoque la crise la plus grave depuis 1929 ; la logique du profit menace jusqu’à la survie de l’espèce. Et pourtant le système tient bon.

Cette contradiction s’explique — après les années Thatcher, Reagan et… Mitterrand — par l’événement qui, voici plus de vingt ans, bouleversa le cours de l’histoire : la chute du mur de Berlin. La victoire de l’Occident dans la guerre froide précipita la fin du camp socialiste, dont l’Union soviétique, forte de son rôle dans l’écrasement du nazisme, avait considérablement étendu l’empire. Mais elle porta aussi un coup sévère, peut-être mortel, à l’idéal communiste, perverti par des apparatchiks qui affectaient de s’en réclamer.

Certains espéraient que la disparition du communisme soviétique lèverait une hypothèque. Depuis 1917, tout projet socialiste se voyait opposer le « socialisme réel ». Et l’horizon de l’URSS bornait l’élaboration d’une alternative radicale. On pouvait donc estimer que la chute de la « maison communiste » permettrait de repenser le socialisme dans la liberté. Que, loin d’annoncer la fin de l’histoire et la marginalisation de tout souffle révolutionnaire, elle libérerait au contraire pleinement l’utopie.

Force est de reconnaître que, jusqu’ici, il n’en a pas été ainsi. Dans le Sud, les luttes pour la souveraineté politique et économique ont perdu le point d’appui que le camp socialiste représentait. Dans le Nord, les luttes sociales ne peuvent plus exploiter la pression que sa concurrence exerçait sur les pouvoirs occidentaux. Et surtout, partout, les peuples semblent orphelins d’un idéal.

Or les deux décennies écoulées depuis l’ont démontré : sans l’horizon d’un idéal, les combats sociaux manquent d’âme. Ils se déroulent le plus souvent sur la défensive, avec pour objectif de défendre des acquis menacés. Car le grand capital et les hommes qui le servent profitent de la crise dont ils portent la responsabilité pour tenter de démanteler les conquêtes sociales accumulées au fil du XXe siècle.

L’académicien Jean-Denis Bredin l’avait pressenti, quatre mois avant que le drapeau rouge ne disparaisse des tours du Kremlin : « Est-il possible d’avancer que le socialisme n’eût peut-être été, chez nous, qu’un radicalisme autrement dénommé, s’il n’y avait eu le communisme (...) qui l’empêchait de dériver trop vite, ou trop fort ? Est-il permis d’avancer que, tantôt dérangeant, tantôt épaulant le reste de la gauche, le communisme français, étrange gardien d’un catéchisme universel, porteur d’une terrible légitimité, a aidé le socialisme français à tenir son cap, que sans lui le Front populaire n’eût pas été un front populaire, que l’union de la gauche n’eût sans doute été qu’une union des centres, ou un rêve, et que beaucoup de lois sociales seraient encore attendues ? Est-il possible d’avancer que tous ces entêtés, ces sectaires, ces grévistes infatigables, ces envahisseurs de nos usines et de nos rues qui fichaient le désordre, ces obstinés qui ne cessaient de réclamer des réformes en rêvant de la révolution, ces marxistes, à contre-courant de l’histoire, qui empêchèrent le capitalisme de bien dormir, nous leur devons beaucoup (1) ? »

Vingt ans plus tard, le mouvement social pâtit de l’absence d’alternative. M. Benyamin Netanyahou se serait-il lancé dans sa fuite en avant guerrière si un pôle à la fois social et pacifiste proposait un autre choix aux Israéliens ? La guerre de Tchétchénie aurait-elle duré aussi longtemps si M. Vladimir Poutine avait dû faire face à un rival populaire incarnant un autre choix pour la Russie ? Et M. Nicolas Sarkozy aurait-il été élu président si son challenger avait été porteur d’un autre choix pour la France ? Enfin, si une perspective de changement se dessinait, ceux qui nous gouvernent parviendraient-ils, sans rencontrer de résistance majeure, à serrer la ceinture de peuples entiers, à la grecque, après avoir distribué tant de milliards d’euros aux banques ? Sans oublier les retraites retardées, le travail du dimanche, les services publics privatisés, la santé et l’enseignement supérieur payants…

En quoi se caractérise cette mortifère « crise d’alternative » ? Elle résulte bien sûr de la faiblesse des forces du changement, de la pauvreté de leurs propositions, de la tiédeur de leur programme. Mais elle naît avant tout de leur incapacité à incarner une utopie. Au singulier : car si les « grandes utopies » (économiques, sociales, politiques, culturelles, environnementales) se nourrissent des petites, celles-ci peuvent aussi les occulter.
Oui, c’est d’abord d’une utopie que le monde a besoin. Le grand auteur uruguayen Eduardo Galeano l’écrivait on ne peut mieux (2) : « Elle est à l’horizon, dit Fernando Birri. Je me rapproche de deux pas, elle s’éloigne de deux pas. Je chemine de dix pas et l’horizon s’enfuit dix pas plus loin. Pour autant que je chemine, jamais je ne l’atteindrai. A quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela : cheminer. »

L'immigration, facteur clé pour la croissance économique





Après une baisse sous l'effet de la crise, le nombre d'immigrés repartira à la hausse pour faire face aux pénuries d'emploi et à l'évolution démographique.

Les entrées de migrants vers les pays de l'OCDE ont reculé de 6 % en 2008, chutant à 4,4 millions de personnes. Tandis qu'au cours des 5 années précédentes, leurs effectifs avaient augmenté de 11 % par an en moyenne, selon le dernier rapport de l'OCDE sur les migrations. Le recul s'est encore renforcé en 2009. Les immigrés ont été, dans bien des pays, les premiers frappés par la hausse du chômage, en particulier les jeunes et les personnes travaillant dans les secteurs les plus touchés par la crise comme le bâtiment ou l'hôtellerie.

L'OCDE insiste dans ce rapport sur la nécessité pour les États de renforcer leurs politiques d'immigration qui jouera un rôle crucial à long terme pour renforcer la croissance. «Il est important de souligner que les immigrés apportent une contribution bénéfique à l'économie nationale, en particulier en période de croissance», remarque le secrétaire général Angel Gurria.

Et ce en raison de l'évolution démographique et des pénuries d'emploi à venir, notamment dans la santé et l'ingénierie. Ainsi, en maintenant les taux d'immigration à leur niveau actuel, la population en âge de travailler dans les pays de l'OCDE n'augmentera que de 1,9 % dans la prochaine décennie. Un pourcentage qui contraste avec les 8,6 % enregistrés entre 2000 et 2010. La situation sera encore pire pour la France, qui connaîtra un déclin de 1 %, malgré les bons chiffres de la natalité. La raison étant que la France a l'un des taux d'immigration les plus bas de l'OCDE.