Au siècle de la communication, c’est communiquer qu’est le plus
difficile, crise du politique, je crois à une crise de la chaleur humaine, du
sentiment de compagnonnage. Je crois à un refroidissement du champ social,
c’est la fin d’une civilisation et le début d’une révolte. Mais que d’attention
il faut pour aller au-delà ; pour rencontrer, écouter, dialoguer, pour
briser le mur, la coquille dans laquelle la démocratie n’est pas seulement dans
la réunion électorale et dans le vote, qu’elle est dans l’écoute attentive
qu’est la fin du mépris, dans la confidence discrète, le rêve a haute voix, la
révolte exprimée qui marque la fin de la solitude.
Au-delà de la démocratie formelle, il nous faut inventer le mode
d’expression des attentes et des refus. Sans cela les responsables risquent
bientôt de devenir, ils deviennent étrangers à ceux là mêmes
qu’ils prétendent gouverner ou représenter.
Combien de bouteilles un navigateur solitaire est il capable de
jeter à la mer sans trouver bientôt son geste dérisoire ? J’ai peur de
sortir de mes propres états d’âmes. Un homme peu il aujourd’hui enrichir sa
pensée de la lecture de livres et de périodiques, des notes d’experts, de
réflexions personnelles ? N’a-t- il pas besoin de rencontres moins
formelles.
Je préfère le tailleur de pierre
qui maitrise son art à l’architecte qui s’essouffle en œuvres qui le
dépassent. J’admire la relation que nous avons aux temps ce que chacun y mets car il
n'est ni cadre, ni rythme, ni un flux continu dont nous nous servons à force
d'opportunités saisies ou crées. Le font communique par incantation ou par
osmose … Avoir un sens de l’Etat, une certaine conception de la politique,
il nous faut bien faire ce que nous avons à faire.
C’est l’occasion de
défendre l’action du gouvernement hollande et de contribuer à une nouvelle
définition de ce que nous voulions faire et être. A gauche toute, il faut
ensemble gérer cette majorité nouvelle pour démonter que la gauche passe en
France pour légitime et la droite pas…
N’oublions pas la
rivalité qui oppose en France la droite et la gauche la droite était légitime,
la gauche ne l’était pas. Pour la première fois, elle le devenait et il fallait
ensemble gérer cet équilibre nouveau. Pour démontrer que la droite passe en
France pour légitime et la gauche pas, on peut se livrer à une longue étude
historique et démontrer que des avant la révolution, et depuis sans désemparer,
le conservateur a su prendre, aux yeux d’un peuple peu enclin à changer, les
allures du bon père de famille, alors que le réformiste passait pour le fils
prodige, les premiers incarnant l’ordre, le second la subversion ; les
premiers Dieu, le Roy et l’Etat, le second ce mythe inexistant qu’on appelle le
peuple ou, plus prétentieusement, la nation.
Prenons le plus modeste des dictionnaires,
« droite » y est magnifié « gauche » villepindé
« L’élu est assis à la droite de dieu, comme dans un diner en ville l’hôte
d’honneur est assis à la droite de la maitresse de maison, l’homme habile est
dit adroit, la sincérité et l’honnêteté s’appellent droiture.
Ce qui est légitimes
devient un droit et la plus belle conquête n’est pas le cheval, ce sont les
droits de l’homme. Cette unique syllabe sonne clair aux oreilles de tous, les
quelques lettres qui l’expriment marquent de leur sceau le bien penser et le
bien faire.
Pauvre gauche !
Elle désigne le maladroit à moins que, retrouvant son équivalent en latin, elle
désigne comme sinistre « celui » qui fait craindre le malheur, une
catastrophe. » Comme nous l’indique le petit Robert. Le mauvais payeur est
endetté jusqu'à la gauche, le malhonnête homme met de l’argent à gauche et,
chez nous, stationner à gauche est passible de contravention. Et quand la mort
frappe, chacun »passe l’arme à gauche » Quand une pièce de bois se
déforme, elle gauchit.
Cet exercice sémantique
a beau n’être qu’un jeu, on ne peut s’empêcher de penser que, peu ou prou, le
mot entraine le sens et que, consciemment ou inconsciemment, pour chacun
d’entre nous, la droite est bonne, la gauche l’est moins. N’a-t-on pas attendu
les dernières révolutions pédagogiques pour autoriser les enfants à écrire de
la main gauche et l’attirail de nos commodités quotidiennes n’est il pas fait
pour les droitiers, dans le mépris des gauchers ?
La France politique est
devenue ambidextre puisque la gauche qu’elle était adroite dans l’art de
gouverner. Depuis 1981, chacun sait que la droite et la gauche alterneront au
pouvoir et que, partant à la tête de l’Etat des valeurs et des priorités
proclamées contradictoires, elles devront par respect pour l’Etat et la nation
, et dans le respect de l’un et de l’autre, assumer la continuité dans une
utile alternance.
François Mitterrand a
ouvert a ouvert une ère ou la gauche fait moins progresser ses idées par la
revendication ou par ses actions de commando par une action gouvernementale
inscrite dans la durée. Ne critique pas
aujourd’hui ce que tu seras amené à faire demain, et celui qui au gouvernement
aujourd’hui ne peut ignorer qu’il sera dans l’opposition demain. Ne fais pas
aujourd’hui à autrui ce que tu ne veux pas qu’il te fasse demain.
La politique art des
couloirs et non de la tribune, tactique des congrès et non stratégies de
l’histoire, domaine des habiles et non des imaginatifs, consacrer ses talents
ou ils peuvent être utiles et pas forcément objectivement susceptible de
plaire. Eviter d’enfermer les
reformes du système, cela nécessite l’ouverture, qui aura une chance d’être
résolut et de trouver de véritables pistes.
Manuel Valls sait-il que la France a voté le 6 mai
2012 ? Et qu’elle a voté majoritairement pour que le changement, ce soit
maintenant ? Notamment pour les moins considérés et les plus
démunis : les jeunes qui ne seraient plus victimes de contrôles au faciès,
les musulmans qui ne seraient plus assimilés au terrorisme, les Roms qui ne
seraient plus stigmatisés, les immigrés dont le vote local serait reconnu.
Piétinant ces promesses de François Hollande sans être rappelé à l’ordre, le
ministre de l’intérieur frappe le nouveau pouvoir d’une marque indélébile, et si l'on ne veut pas que le mot «socialisme»
devienne sous peu définitivement inutilisable dans notre langue, il faut dès
maintenant changer de cap. C’est l’occasion de
défendre l’action du gouvernement hollande et de contribuer à une nouvelle
définition de ce que nous voulions faire et être. A gauche toute, il faut
ensemble gérer cette majorité nouvelle pour démonter que la gauche passe en
France pour légitime et la droite pas…
"« La France se doit d’être
exemplaire en matière de droits et libertés ou doit renoncer à être
elle-même », clamait Robert Badinter en 1981. C’est cette considération
qui a guidé son combat contre la peine de mort, tout comme son implication en
faveur de la ratification par la France de la Convention européenne des droits
de l’homme.
La France est une histoire, elle est un territoire à défendre, un
peuple qui a le génie du grand mais est constamment tenté de l’attrait du
médiocre. Elle est composée d’individus qui ont perdu le sens du devoir, celui
de l’héroïsme et qu’il faut à tout moment
rappeler, rassembler, mobiliser, qu’il faut guérir de leurs division
capable d’être le plus grand et pourtant de se perdre. Un peuple qui ne
s’accomplit pas de lui-même, que seul l’état, un souverain, un rassembleur
peuvent conduire à s’accomplir. Une nation qui fait naitre en son sein de
grandes figures, comme pour qu’elles les rendent capable d’accomplir son grand
destin.
Un peuple à l’équilibre fragile et qui n’a pas naturellement cette
vision du monde dont il aurait pourtant besoin de réaliser ce grand œuvre que
ses capacités mêmes le rendent capable de percevoir et d’affronter les risques
qu’elle comporte. Un peuple qu’il faut encadrer par des institutions fortes et
des pratiques politiques exigeantes, capable du meilleur et du pire et dont les
responsables doivent éviter les écarts. Une nation qui est grande que dans son
dialogue avec le pouvoir. Garantir l’unité et corriger les inégalités et faire s’épanouir
la liberté qui le plus grands des biens.
Rached Tombari
Sociologue
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