samedi 13 avril 2013

Contre l’austérité





Contre l'imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l'avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et de tenir des promesses.

Aucune promesse ne vaut pour l'homme s'il n'a conscience qu'il accomplit déjà cette promesse, et la société de l'avenir n'est qu'une abstraction vide de sens si ses valeurs ne sont comprises et vécues dans la société d'aujourd'hui.

Depuis la victoire de mai dernier, nous ne faisons que reculer, abandonner, renoncer. Système d’attestation lors des contrôles d’identités, encadrement strict des dépassements d’honoraire des médecins, droit de vote des étrangers, limitation des écarts de salaires de 1 à 20 dans les entreprises publiques : sur chacune de ces réformes, le Gouvernement a soit renoncé, soit reporté, soit affaibli leur contenu jusqu’à les rendre complètement inutiles.

Je n’accepte pas, alors que nous avons dénoncé avec force la TVA Sarkozy durant la campagne présidentielle, que celle-ci revienne sous une autre forme à l’occasion du rapport Gallois.

Enfin, la grande réforme fiscale – centrale dans le programme du candidat Hollande – ne sera probablement jamais mise en œuvre. La ligne du Gouvernement actuel porte un nom : l’austérité. Mais elle porte aussi un chiffre, comme une prison intellectuelle les fameux « 3 % »

Il y a pour moi deux fautes majeures commise par le PS : n’avoir tiré aucun enseignement de la large victoire du NON contre le Traité Constitutionnel Européen de 2005. (J’étais partisan farouche du NON.) La seconde faute, plus récente, est le ralliement au traité Merkel-Sarkozy, largement pourtant rejeté par nos électeurs, traité imposant la « Règle d’Or », dont nous avions pourtant promis, il y a quelques semaines seulement, le rejet.

En réalité, l’Europe telle qu’elle est en train de se construire amène petit à petit les États à n’avoir plus aucune marge de manœuvre. Les politiques européennes pèsent sur les budgets des États, et puisque les Collectivités, privées de leur autonomie fiscale, vivent essentiellement des dotations de l’État, elles doivent désormais rogner sur leurs politiques. Voilà pourquoi, je ne peux cautionner la poursuite annoncée des baisses de dotations de l’État aux collectivités, après l’avoir dénoncée, sans relâche pendant les cinq années de la présidence Sarkozy.

Alors une autre politique est-elle possible ? Evidemment, oui ‘il n’y a aucun doute dans mon esprit un budget pour 2013. Pour que ce budget soit un budget de combat, un budget qui s’adresse prioritairement aux plus faibles, il nous faut engager un réel dialogue avec l’ensemble des partenaires de gauche présents dans notre hémicycle. Il faut chercher avec obstination le « talisman » de l’union, mais pour y arriver, il faut qu’il y ait discussions, échanges, que chaque partenaire de gauche soit écouté bien sûr, mais surtout entendu…


Aucun commentaire: